ce sont amis que vent emporte
décidément, je suis branché poésie du XV-XVI ème aujourd’hui (sauf pour le post précédent!!)
plaisant de rencontrer des apprentis fonctionnaires, plaisant de constater qu’ils sont tous confrontés au patchwork psychiatrique que composent leurs collègues.
plaisant enfin de les imaginer eux-même après 20 ans de carrière dans la FPT, une fois que le carcan aura étouffé toute envie de vivre un peu. (je ne suis pas sûr d’y échapper moi-même).
J’ai rencontré Marie, qui m’a plu.
Marie est chargée de remplir des missions d’archiviste dans les trous perdus d’un département dont je me rappelle à peine qu’il existe. Marie n’est jamais à son bureau, où une collègue mentalement très malade ne supporte pas la moindre idée d’imprévu, et fait tout pour contrarier de loin la pauvre enfant. Marie débarque dans des communes variées, mandatée par un improbable supérieur hiérarchique qui ne se rendra jamais compte qu’il lui a confié une mission à laquelle personne ne croit. Marie doit lutter à chaque fois pour mendier une chaise inconfortable et un coin de table, et transporte ses propres stylos et papier car on n’en met jamais à sa disposition.
Marie lit Hypérion entre nos séances de cours, et m’a pris mon agenda des mains “parce qu’elle aime bien regarder”. Marie a constaté que je notais des titres de livres à toutes les pages, et maintenant “je suis son ami car il y a plein de titres de SF mais pas seulement”. Marie m’a transmis une recette de bouillon anti-rhume à base d’ail et de clous de girofle, (1l d’eau, une gousse d’ail en cubes sans le germe, 10 clous de girofle, faites bouillir 10 minutes et buvez chaud) dont je ne sais pas encore si elle est efficace; son ingestion est pourtant une expérience.
En plus, Marie n’est que la partie émergée de l’iceberg