Friday, December 14, 2007

malaise dans les musées

Les élucubrations passéistes étalées à longueur de Journal atrabilaire par Mr Clair m’ont poussé à me jeter sur celui-ci, par pur masochisme. Depuis Pascal Sevran je n’avais rien lu d’aussi négatif, haineux, verbeux.

Surprise, je me vois forcé de partager son analyse de la braderie générale qui préside à la gestion du patrimoine telle qu’elle est pratiquée en France depuis 30 ans. Démantèlement systématique d’établissements prestigieux, culte de l’architecture vide merchandisable, disneylandéisation du Louvre. En se bouchant le nez devant les relents de “choc des civilisations” dont Mr Clair ne peut s’empêcher de saupoudrer son pamphlet, on peut tout à fait s’alarmer avec lui de ce train d’enfer qui nous mène tout droit à l’impasse…

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Wednesday, February 22, 2006

c’est officiel

… le ridicule ne tue plus (et c’est dommage)

“dans l’avion du retour, Dominique de Villepin a tenu à confier qu’il trouve la star [Madonna], en minishort et bas résille dans son dernier clip, «très en forme pour son âge»… Il a fait part de ses goûts musicaux : Marc Lavoine, Zazie, Renaud, Raphaël, et même Mylène Farmer qu’il jure écouter de temps à autre. Cet auditeur de RFM s’est ainsi présenté en grand amateur de «musique contemporaine» (sic). Pas question pour le «poète» de Matignon de laisser à Sarkozy le monopole de la culture grand public…”

(libé)

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Thursday, November 3, 2005

la nausée

On peut penser ce qu’on veut d’Eric Naulleau (grand pourfendeur d’une certaine “littérature” contemporaine devant l’éternel) il a quand même l’art de relever le détail qui tue. Voir le dernier paragraphe. Et en plus je cautionne le reste ;-)


Houellebecq, le scandale d’un Goncourt annoncé
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mardi 01 novembre 2005

Libération
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par Eric Naulleau éditeur et écrivain.

Quelle ultime limite faudra-t-il franchir pour que cesse enfin le scandale du Goncourt ? Un récent et sévère rapport du Service central de prévention de la corruption (SCPC), remis au ministre de la Justice, dénonçait déjà (entre autres) la confiscation des prix littéraires, et du très important chiffre d’affaires que ceux-ci génèrent, au profit de quelques grandes maisons d’édition et pointait la difficulté «de faire la part des choses entre les membres des jurys, généralement tous auteurs d’oeuvres littéraires, et les maisons qui les éditent». La plus célèbre des distinctions automnales semble à présent décidé à jeter aux orties tout souci de déontologie. Soudain l’été dernier, François Nourissier, ancien président et toujours membre influent du jury Goncourt, faisait savoir que son choix personnel se portait définitivement sur la Possibilité d’une île de Michel Houellebecq, les quelques centaines d’autres romans parus à l’occasion de la rentrée littéraire se trouvaient ainsi relégués au rang de quantité négligeable, tout juste bons à faire masse et pas même dignes d’une lecture superficielle. Sans crainte du ridicule, la deuxième liste du Goncourt intégrait pourtant in extremis un ouvrage absent de la première sélection, à savoir Trois Jours chez ma mère de François Weyergans, paru tardivement (c’est-à-dire fin septembre) chez Grasset. Jugements formés a priori et passe-droits font ici bon quoique paradoxal ménage. Afin de bien enfoncer le clou où accrocher ce triste portrait de la république des lettres, le Monde du 8 octobre dernier rapportait, sous la plume d’Ariane Chemin, que Michel Houellebecq et François Nourissier ont pris l’habitude de se retrouver à l’heure du goûter dans l’hôtel particulier du second où il arrive au premier, «trop las pour retrouver le chemin du retour», de passer la nuit sur le canapé. Touchante générosité qui consiste à offrir tout ensemble à son hôte non seulement le toit, mais aussi le couvert chez Drouant puisque le grand aîné, apprend-on dans le même article, se bat depuis cinq ans pour «le jeune écrivain» et ne souhaite rien tant que «lui offrir le prochain prix de l’académie Goncourt, le 3 novembre». Mais rien ne sert de triompher entre amis, encore faut-il y parvenir sans péril.

C’est ainsi que la troisième et dernière sélection du prix Goncourt, rendue publique le 25 octobre, a pris soin d’écarter tous les livres porteurs d’une quelconque ambition encore présents dans la deuxième sélection (Waltenberg d’Hédi Kaddour ou Lutetia de Pierre Assouline), déjà très édulcorée (où est donc le Goût des femmes laides de Richard Millet ? la Serveuse était nouvelle de Dominique Fabre ? où sont donc les Jouets vivants de Jean-Yves Cendrey ?), et de n’entourer le lauréat idéal que de livres peu susceptibles de lui porter ombrage. Falaises d’Olivier Adam se révèle un roman dépourvu d’à peu près tout ce qui caractérise la véritable littérature (style, ton, nerf, vision) et s’apparente au mieux à une rédaction de bon élève, lisse jusqu’à l’impersonnel.

Trois Jours chez ma mère de François Weyergans, sous les apparences d’une mise en abyme de l’impossibilité d’écrire, consiste en un insupportable et vain bavardage aux limites du remplissage. La bande des quatre est complétée par Fuir de Jean-Philippe Toussaint, sans doute le plus honorable texte du lot, même si son auteur pourrait concourir en bonne compagnie au titre d’écrivain français contemporain le plus surévalué. Quoi qu’il en soit, l’auteur de la Salle de bains représente la dernière chance d’éviter le scandale dans le scandale que constituerait l’obtention du prix Goncourt à la Possibilité d’une île, où notre champion hexagonal de la modernité littéraire, après avoir penché vers SAS dans son précédent opus (Plateforme), lorgne désormais du côté de la collection Harlequin («J’ai 40 ans, elle en a 20 : notre amour est-il impossible ?») et distille un ennui qui donne une idée de l’infini. Mais inutile de trop compter sur les autres distingués membres du jury pour ramener François Nourissier à la raison littéraire.

Didier Decoin, par exemple, déjà coupable de l’inexpiable forfait d’avoir proprement équarri le Comte de Monte-Cristo aux fins d’adaptation télévisée pour TF1, a fait paraître voici quelques mois un livre intitulé Avec vue sur la mer (Nil). En page 103, on y lit : «Ce système-là, prédisait M. Bonnet, finirait par nous asphyxier aussi sûrement que les émanations d’oxyde de carbone avaient eu raison de ce pauvre Marcel Proust.» Quand on confond Marcel Proust et Emile Zola, il est à craindre qu’on ne parvienne pas non plus à distinguer entre Houellebecq et la littérature.

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Wednesday, November 2, 2005

Pitoyablus et Nullix sont dans une nef romaine

J’ai feuilleté le nouvel Astérix et j’ai eu une fois de plus la preuve que Gosciny avait tout le talent. En plus je vais vous spoiler toute l’histoire comme ça vous n’aurez pas besoin de l’acheter, et les dieux savent que c’est pourtant contraire à toutes mes convictions. De toute façon vous ne me croirez pas.

C’est un extraterrestre bleu en Babygro qui débarque au village des gaulois attiré par la recette de la potion magique. Il vient d’une race dont le nom a été habilement forgé à partir d’un anagramme de “walt disney”, car l’album se veut un hommage à ce monsieur qui n’en demandait (ni n’en méritait) sûrement pas autant. Y’a un autre extraterrestre qui ressemble à un insecte sur une motoneige. qui s’acoquine avec les Romains. Comme arme il a une espèce de totem indien qui sert de missile. Le gentil E.T. bleu a comme arme un “clone” (je cite) qui a la tête de Schwarzenegger habillé en superman. (Uderzo se rappelait vaguement qu’il y avait parfois des caricatures de vrais gens dans les bons Astérix).

Ca finit par un combat entre plein de totems missiles et plein de clones superman. Y’a des Romains et des sangliers aussi. Puis l’extraterrestre efface la mémoire de tout le monde. Banquet.

Voilà.

Par cet exercice dégradant de ringardise, qui enfonce un clou rouillé dans un bubon purulent (les précédents albums faisaient déjà peur)  Astérix rejoint Thorgal et XIII au panthéon des séries de ma jeunesse immolées sur l’autel du profit.

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Friday, September 23, 2005

les morues font du ski

j’adore qu’on m’étale complaisamment à la figure ma paresse intellectuelle, ma peur de la nouveauté et mon manque d’ambition, trois défauts dont je ne suis pas avare.

digest d’une conversation toute fraiche avec Annabelle, stagiaire sur mon lieu de travail. (c’est elle qui pose les questions)

“tu vas pas en montagne?”

“ben pas souvent”

“mais tu fais pas de ski?” “non” (c pas parce que je suis grenoblois que je dois aller m’entasser avec des parigots à la noix pour le plaisir)

“mais ça sert à quoi d’habiter ici?”

“je suis né ici” (connasse)

“t’es jamais parti d’ici?”

“non” (merci vilaine, je sais que j’ai complètement loupé ma vie en suivant les opportunités professionnelles qui se présentaient)

“et ton boulot c’est ton premier boulot?”

“oui” (je sais, furoncle, (elle ressemble un peu à un furoncle) j’ai tellement manqué d’ambition et d’estime de moi pendant des années que je me suis satisfait d’une situation totalement dénuée d’intérêt, merci, je paie une psy pour me relever de ça)

à ce moment là elle vomit devant tant de provincialisme bouseux, elle pourtant limousine mais sauvée de la fange par 8 ans passés à PARIS (elle prononce les majuscules)

ah, et puis elle peine à réprimer un rictus de mépris.

j’ai beau lui dire qu’une fois fonctionnaire je pourrai bouger, c’est trop tard!! je me suis trop tartiné le torse avec l’huile de foie de morue de ma médiocrité.

je ne vais pas lui reparler tout de suite

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Friday, September 16, 2005

une fixette?

je ne sais pas pourquoi ce blog parle autant de Bernadette ;-) mais je ne peux résister à citer libé:

(à l’occasion d’une sortie électorale en province)

“[Bernadette a] demandé aux photographes de baisser leur appareil quand elle a acheté le nouveau roman de Michel Houellebecq, la Possibilité d’une île, dans une librairie de Senlis : «Je ne le connais pas bien mais je l’ai vu dans toutes ces émissions à la télé.» Elle a payé avec un billet de 50 euros, avant de s’éclipser dans l’arrière-boutique pour changer de chaussures. Après de vingt-cinq ans de mandat local, madame la conseillère générale de Corrèze sait que les tennis (Louis Vuitton) sont plus commodes que les escarpins pour aborder les pavés du centre-ville.”

moi qui n’avais pas envie de lire “le” Houellebeck, dégoûté par la manière des journalistes d’en-parler-sans-en-parler-tout-en-essayant-de-ne-pas-en-parler-comme-les-autres (voir télérama et autres inrocks), je ne vais pas changer d’avis très vite… mais j’espère qu’il y aura de belles scènes porno, pour émoustiller la mise-en-plis de la première intégriste de France…

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Thursday, September 15, 2005

des racines en Corrèze

Mal m’en a pris: j’ai voulu satisfaire mon appétit pour l’Art Nouveau en regardant le numéro des Racines et des Ailes spécial Grand Palais: DREDA, la seule émission présentée par Patrick de Carolis même quand il n’en est plus le présentateur…

Après une introduction de… Patrick de Carolis, le pôvre présentateur nouveau a bien essayé de combler, mais il était interrompu par des images de… Patrick de Carolis, assis dans le public et se trémoussant la bave aux lèvres et le slip tendu, tout émoustillé d’être assis à côté du MINISTRE DE LA CULTURE, le sémillant Renaud Donnedieu de Vabre. (que j’avais dû supporter la veille en vrai à l’inauguration de la Biennale de Lyon-j’ai pu me familiariser avec son argumentaire, car son intervention dans l’émission était la même que son discours du vernissage).

On n ‘avait pas encore atteint le comble de la nausée…

Le morceau de choix de l’émission était le troisième reportage, consacré à ces saints bénévoles qui paient de leur fortune pour restaurer des monuments historiques. C’est donc en… Corrèze (suivez mon regard) qu’on a retrouvé une chatelaine sexy et raffinée, qui restaure depuis des années un château cubique, forme que la Corrèze aime également donner aux femmes de présidents. 

je cite le site (!) de l’émission:

“Véronique Geffroy est propriétaire du château de Bazaneix, en Corrèze. Ce château fort du XIIème siécle était en ruine il y a quelques années. Véronique Geffroy, qui habite près de Poitiers, a décidé de le sauver. Elle l’achète et, avec obstination, le fait restaurer, rassemble des fonds, organise des fêtes médiévales. Elle finit même par emporter l’adhésion de la population locale. L’équipe de Des Racines & des ailes a passé quelques jours avec elles, entre fouilles, travaux et fêtes. A ses côtés : sa famille, ses amis, emportés par son enthousiasme et sa combativité !”

la vision de la Chatelaine en costume d’époque, et de ses enfants Mathilde et Enguerran (authentique) prouve à l’évidence que le ridicule ne tue plus, ni la connerie si on en doutait.

le pompon nous attendait à la fin de l’émission: une seule des trois passionnés de patrimoine était sur le plateau à la fin, et elle a pu bénéficier d’une intervention du ministre, qui lui a promis des crédits pour récompenser sa ténacité.

Je vous le donne en mille, c’était… la corrézienne ;-)

Comme au bon temps de l’ORTF, la neutralité politique du service public n’est plus un vain mot. Une telle brochette de cathos bon cru nous rassure également sur son respect de la laïcité. (la promotion des écoles privées vue la veille au journal de F3 ne nous laissait plus beaucoup de doutes).

Amen!

PS: pour les âmes charitables, rappelons que le ministre RDV (qu’on surnomme plan cul-non, allez, ça je l’invente ;-)   RDV donc, homo notoire, était le discret député UMP qu’ACT-UP voulait “outer” après sa participation à la manif “les pédés au bûcher”…

 

 

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